M.K. (déléguée féminine de Roubaix) traite de la condition de la femme algérienne

Intervention de M.K. au 1er congrès de l’U.S.T.A publiée dans La Voix du travailleur algérien, n°5, juillet 1957.

M.K. (Déléguée féminine de Roubaix). – Traite de la condition de la femme algérienne.

« Il faut avouer que certaines personnes ont été étonnées de voir présente à ce Congrès une délégation de femmes algériennes. Cela est normal car cette apparition est sans aucun doute la première qu’est effectuée la femme algérienne pour sortir de l’ombre où elle a été volontairement plongée. A ceci nous pouvons affirmer comme l’a déclarée une sœur hier, que le colonialisme n’y est pas étranger. Cependant, d’ores et déjà nous pouvons assurer à la classe ouvrière masculine algérienne que, dorénavant, et quelles que soient les circonstances, elle nous trouvera à ses côtés, prêtes à lutter, à mourir afin de faire échec à l’exploitation économique, sociale et culturelle du colonialisme française.

Si la femme algérienne rejoint aujourd’hui la grande masse masculine, c’est que nous avons jugé de notre devoir de le faire. En effet, compagne pour toute la vie de l’homme, nous sommes le reflet de l’exploitation que subissent les algériens en tant qu’hommes.

Aujourd’hui si nous essayons de prendre part à l’action, c’est parce que nous considérons l’importance de la lutte du peuple pour l’avenir et le bien-être de tous les algériens et les algériennes.

Il n’a pas suffit à la féodalité agraire de nous traiter comme des bêtes de somme, et nous avons connu une exploitation féroce pendant les longues journées de dur labeur au cours des moissons, esclavage que subissent encore les trois quart de nos sœurs. Mais nous arrivons en France et nous nous retrouvons en face de ces mêmes exploitations raciales. La presse réactionnaire de la région du nord dans une enquête sur nos vies et mœurs a osé nous comparer, nous, femmes algériennes, à des bêtes nous mettant sur nos mains et pieds pour manger certains herbages. Même s’il en était ainsi, cela n’est que le résultat de l’invasion colonialiste qui nous dépossédant de nos biens nous a vouées à cette misère. Afin d’effacer et d’éviter de tels faits abjects à nos enfants, nous, femmes algériennes, nous avons jugé qu’il était de notre devoir de nous associer à nos compagnons pour leur éviter de rester isolés et de les encourager à persévérer dans la lutte contre notre ennemi commun : le Colonialisme.

Déléguée des femmes algériennes organisées au sein de l’U.S.T.A. et que je représente en ce Congrès, je tiens à attirer votre attention sur le rôle qu’a joué et qu’est appelé à jouer la femme algérienne dans toutes les luttes qu’a mené et que mène le travailleur algérien, pour son bien-être et sa liberté, et pour en finir à jamais avec le colonialisme.

Ce colonialisme avide et assoiffé qui a endurci la vie de l’Algérienne musulmane et entravé son évolution ». M.K. conclut en faisant « appel à la fraternité prolétarienne des classes féminines de France et du monde entier avec les femmes d’Algérie. »

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