Un opportuniste achevé

Bulletin d’informations du PPA, n°1, juillet 1962

Portrait

Un opportuniste achevé

On se rappelle qu’au début de juin dernier, le Parti du Peuple Algérien avait fait parvenir à Rocher Noir sa demande en vue de participer au scrutin d’autodétermination du 1er juillet. On se souvient également que sur intervention de Mostefai Chawki, de Chentouf et autres individus de la même espèce, la Commission Centrale de Contrôle du référendum rejetait la demande d’agrément du P.P.A. Pendant que l’opportuniste patenté de la Révolution, le dénommé Mostefai, commettait cette injure, il négociait allègrement avec l’O.A.S., organisation fasciste qui a assassiné des centaines des nôtres, y compris les femmes en plein travail dans les quartiers européens.

Pour l’opinion, certains antécédents de l’homme sont inconnus. Tout d’abord, il adhéra au P.P.A. en 1943 en y mettant des formes militantes pour le moins significatives. Sans risque de nous faire démentir, c’est clandestinement et tout en restant à l’écart des impératifs de la lutte qu’il approcha timidement le nationalisme. En 1945-1946, ayant abandonné la lutte, il se réfugie en France. En 1947, il accourut de nouveau pour se présenter aux élections de l’Assemblée Algérienne… Arrêté, il fut libéré six jours plus tard à la suite d’une intervention douteuse.

Bien plus encore, en 1951, au moment même où la répression s’acharnait sur l’Organisation Spéciale, Chentouf s’est enfui en France tandis que Mostefai se retirait du parti, celui-ci refusant dans le même temps de souscrire aux propositions d’union émanant de l’U.D.M.A. et des Oualamas, propositions demandant la dissolution du P.P.A., la condamnation du terrorisme dans le passé, le présent et l’avenir et mettant fin aux relations du Parti avec l’Istiqlal, le Néo-Destour, la Ligue Arabe et les Nations-Unies…

Depuis, Mostefai exerça dans le silence sa profession de médecin, entouré de la sollicitude des centralistes dont il est toujours le serviteur zélé. D’ailleurs, on n’a pas été sans remarquer la publicité qui a été faite autour de son nom par le néo-colonialisme lors de ces mêmes négociations avec l’O.A.S. A ce propos, il faut noter qu’une partie importante du F.L.N. a désapprouvé et l’individu et la politique d’accolade avec l’O.A.S. De plus, certains membres du F.L.N. ont demandé l’arrestation de Mostefai et sa traduction devant une Haute-Cour. Depuis, notre révolutionnaire en peau de lapin est rentré dans le silence d’où il est venu. En effet, envoyé en France, on ne sait pour quelle besogne, il y resta plusieurs jours sans que la presse ne dise mot sur ses activités très particulières. Venu très discrètement à Paris, il en est reparti tristement. Dès lors, on ne parle plus de lui, les divergences au sein du F.L.N. ayant fini par l’achever, lui, qui briguait l’ambassade de Paris.

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Voilà en quelques lignes l’homme, ce que fut son action. Cela suffit, pour dire qu’il fut le produit-type du parvenu et le parfait resquilleur de la Révolution algérienne.

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