Paul Philippe : Un combat politique

Source : Paul Philippe, « Un combat politique », in Sidi Mohammed Barkat (dir.), Des Français contre la terreur d’Etat (Algérie 1954-1962), Paris, Reflex, 2002, p. 100.

(…) dans les débuts, les combattants des maquis algériens manquaient de signes de reconnaissance et ils désiraient disposer d’un écusson portant le drapeau algérien (étoile et croissant) avec le sigle ALN, Armée de libération nationale.

J’ai donc été chargé de trouver une filière de fabrication. Je me suis adressé à un camarade Suisse, Sergio Angelini, d’origine italienne, qui vivait avec sa mère à Zurich, avec lequel j’entretenais des relations régulières. Lui-même a fait fabriquer les écussons en Italie et je suis allé les récupérer en Suisse, cachant une somme d’argent très importante (qui m’avait été remise par le Mouvement national algérien MNA) au fond d’une bouteille thermos!

J’ai rapporté les écussons (peut-être 20 000) dans un sac à dos. Ceux-ci furent ensuite remis aux Algériens par l’intermédiaire de ma compagne Line Caminade et d’un Espagnol, Rodriguez, ancien de la guerre d’Espagne.

En dehors de cette action « directe », qui fut la seule pour moi, il nous arrivait assez souvent de prêter notre chambre pour des réunions clandestines des responsables du Mouvement national algérien.

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