Ne nous laissons pas prendre à la propagande

Article paru dans Tribune ouvrière, n°21, mars 1956, p. 4.

La préparation psychologique de l’opinion à la guerre d’Algérie, s’intensifie de jour en jour. A travers la presse, la radio, et de tous les moyens mis à sa disposition, la bourgeoisie prépare le terrain. Rien ne nous est épargné, la description méticuleuse des atrocités commises du côté algérien, les attentats commis en France par les nord-africains, connaissent la plus large diffusion, et déjà dans les usines, on s’aperçoit des méfaits de cette propagande.

Il est certain qu’en Algérie, des atrocités sont commises du côté indigène, comme du côté français. Des journaux de diverses opinions, et certains non suspects de sympathie pour les algériens, se sont fait l’écho des tortures dignes de la gestapo, qui ont été appliquées par la police française. Les 150 Francs par jour de salaire d’un ouvrier agricole indigène, et la ségrégation raciale pratiquée à tous les échelons, sont la cause de ce que nous constatons aujourd’hui. Qu’on nous comprenne bien, nous n’approuvons nullement les exactions commises par les rebelles contre des jeunes appelés du contingent qui n’en peuvent mais, mais nous essayons de comprendre et d’expliquer ce comportement.

Lors de la dernière guerre mondiale, dans certaines unités nord-africaines, et chez les goumiers en particulier, le droit de pillage et de viol, était chose courante et même un « avantage » accordé à ces troupes. Pour la bourgeoisie, ce qui était normal contre l’ennemi d’alors – devenu aujourd’hui un allié – devient le pire des crimes, lorsque, un peuple opprimé par 130 années de colonialisme, emploie les méthodes que nous leur avons apprises, et qu’ils retournent contre nous. La guerre est la pire des choses et un bouleversement complet des valeurs humaines. Un crime abject devient de par le fait de la guerre, un acte naturel que l’on encourage et récompense. Nous ne devons pas marcher. ne pas nous laisser embrigader dans cette croisade pour le maintien des privilèges de quelques gros colons.

Ouvriers, nous n’avons qu’un ennemi, qui nous est commun à tous, quelque soit notre nationalité : le capitalisme, et tant que nous ne l’aurons pas supprimé, des ennemis héréditaires nous serons trouvés, pour le plus grand profit de ceux qui vivent de notre travail.

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