Lettre à mes amis algériens (Juliette Minces)

Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 153-154.

Les journalistes algériens – donc l’État – sont-ils devenus à ce point amnésiques pour oser ainsi falsifier l’Histoire? Pour nous qui, au nom d’un certain nombre de valeurs que nous croyions communes, avions soutenus les Algériens durant leur lutte, leurs propos concernant le procès de Klaus Barbie sont à la fois consternants et révoltants. De même que l’expression de leur racisme antijuif digne des « meilleures » pages de Brasillach. Continuer de lire « Lettre à mes amis algériens (Juliette Minces) »

Déclaration (Hocine Aït Ahmed et Mohammed Harbi)

Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 151-152.

Nous voulons simplement, à l’occasion du procès de Klaus Barbie, mettre au clair certaines vérités historiques et rappeler quelques principes pour nous, Algériens, qui avons lutté pour l’indépendance de notre pays. Me Jacques Vergès cherche, aujourd’hui, à associer des « crimes contre l’humanité » commis par Klaus Barbie aux « crimes de guerre » perpétrés par l’ex-puissance coloniale en Algérie et cet amalgame trouve parfois, malheureusement, crédit dans notre pays. Continuer de lire « Déclaration (Hocine Aït Ahmed et Mohammed Harbi) »

A propos de l’affaire Barbie

Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 149-151.

A propos de l’affaire Barbie, ces quelques remarques…

1/ Il y a une spécificité du « crime contre l’humanité » et ce serait une erreur grave que d’assimiler tout crime, tout massacre, toute exaction à cette notion juridique nouvelle. Ce qui est mis au compte du nazisme c’est une volonté délibérée, que son idéologie légitime, de nier toute appartenance à l’humanité de certaines catégories d’êtres humains et de prétendre nettoyer la planète comme on nettoie un matelas de ses punaises et comme on aseptise un linge à l’hôpital. Continuer de lire « A propos de l’affaire Barbie »

Albert Camus : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice »

J’ai choisi de partager dans ce billet deux textes publiés à la suite de l’attribution du Prix Nobel de littérature à Albert Camus. Après un premier billet dans lequel je revenais sur trois documents datés de 1955 à 1958, il m’apparaissait important de revenir sur la célèbre citation par laquelle les commentateurs (souvent hostiles) réduisent la pensée et l’action d’Albert Camus au moment de la révolution algérienne : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice. » Continuer de lire « Albert Camus : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice » »

Mohamed Dahou : Notes pour un appel à l’Orient (1954)

A la suite de la publication de mon article intitulé « Les spectres algériens de Guy Debord » sur le site du journal Article 11, j’ai choisi de proposer aux visiteurs de ce blog les « Notes pour un appel à l’Orient » rédigées par Mohamed Dahou en juillet 1954. On pourra y trouver un point de vue rarement mis en valeur dans l’étude des mouvements d’avant-garde ou dans l’histoire de la décolonisation. D’aucuns tenteront sans doute de mettre en perspective les bouleversements en cours dans le monde arabe. Toujours est-il que la radicalité des lettristes demeure encore inégalée dans la critique des oppressions. Continuer de lire « Mohamed Dahou : Notes pour un appel à l’Orient (1954) »

In memoriam Mustapha Ben Mohamed (1926-2013)

J’ai publié le 21 mai 2013 un texte sur le carnet de recherche Textures du temps, édité par l’historienne Malika Rahal. J’y évoque le parcours de Mustapha Ben Mohamed, dirigeant du Mouvement national algérien (MNA) puis du Parti des travailleurs (PT). Ci-dessous le premier paragraphe de l’article : Continuer de lire « In memoriam Mustapha Ben Mohamed (1926-2013) »

Albert Camus : trois documents (1955-1958)

J’ai choisi de partager trois documents rédigés par Albert Camus entre 1955 et 1958. Connus des spécialistes, ils demeurent rarement cités par ceux qui, de part et d’autre de la Méditerranée, instruisent des procès à charge ou à décharge, sans chercher à restituer l’ambiguïté, la complexité ou la tension inhérentes à chaque trajectoire individuelle. Continuer de lire « Albert Camus : trois documents (1955-1958) »