Mezioud Ouldamer : La cruauté maintenant

Extrait du livre : Mezioud Ouldamer, La cruauté maintenant, Cabris, éditions Sulliver, 2007, p. 154-156.

Divers exemples de corruption du pouvoir sont fournis, à l’échelon le plus bas, par des pays aussi différents et éloignés en apparence que peuvent l’être l’Algérie et l’Équateur. Si peu comparables qu’ils paraissent, leurs ressemblances sont réelles et révèlent les traits d’une nouvelle identité comme acquise en peu de temps. Ici comme là, dès l’abord et sans que ce soit le trait dominant, l’arbitraire – mais il faudrait dire la stupidité – n’y fait pas la loi, il est explicitement du même domaine que la foi, et reflète cette nouvelle distribution non contrôlée du pouvoir à l’échelle de la planète. La stupidité va jusqu’à la hauteur du burlesque, quand ces États se piquent de distribuer aux populations leurs terres, de les rendre propriétaires ni plus ni moins de ce qui leur appartenait déjà, qui était leur seul bien avant la naissance même de ces États. Continuer de lire « Mezioud Ouldamer : La cruauté maintenant »

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Mezioud Ouldamer : L’économie et son trouble

Extrait du livre : Mezioud Ouldamer, L’économie et son trouble, Paris, éditions SIHAM, 1994, p. 24-27.

Il m’a été signalé ceci : des esprits faibles trouvent matière à me citer. Quelle horreur! Mais qu’y puis-je? Je ne peux pas répondre de l’usage fait d’écrits publics. Qui est à l’abri du pillage malveillant et tendancieux? L’Internationale situationniste a été pompidolisée à la raffinerie de Beaubourg; l’Encyclopédie des Nuisances saluée par un droitiste, elle a même bénéficié d’une mention dans un journal gouvernemental, en Algérie ; Lénine faisait ses choux gras des livres de Marx. (…) Continuer de lire « Mezioud Ouldamer : L’économie et son trouble »

Groupe femmes algériennes

Manifeste repris par la revue Sou’al, n°4, novembre 1983, p. 121-125.

Préambule *

De plus en plus les femmes dans le monde sont amenées à lutter contre l’arbitraire et l’injustice qui leur sont faits.

Les femmes algériennes ne sont pas épargnées de ce sort répressif. Elles ont eu plusieurs fois l’occasion de montrer qu’elles étaient les premières à ressentir et à souffrir des contradictions existant dans la société algérienne, et ce par la quotidienneté de leur oppression. Continuer de lire « Groupe femmes algériennes »

Lettre à mes amis algériens (Juliette Minces)

Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 153-154.

Les journalistes algériens – donc l’État – sont-ils devenus à ce point amnésiques pour oser ainsi falsifier l’Histoire? Pour nous qui, au nom d’un certain nombre de valeurs que nous croyions communes, avions soutenus les Algériens durant leur lutte, leurs propos concernant le procès de Klaus Barbie sont à la fois consternants et révoltants. De même que l’expression de leur racisme antijuif digne des « meilleures » pages de Brasillach. Continuer de lire « Lettre à mes amis algériens (Juliette Minces) »

Déclaration (Hocine Aït Ahmed et Mohammed Harbi)

Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 151-152.

Nous voulons simplement, à l’occasion du procès de Klaus Barbie, mettre au clair certaines vérités historiques et rappeler quelques principes pour nous, Algériens, qui avons lutté pour l’indépendance de notre pays. Me Jacques Vergès cherche, aujourd’hui, à associer des « crimes contre l’humanité » commis par Klaus Barbie aux « crimes de guerre » perpétrés par l’ex-puissance coloniale en Algérie et cet amalgame trouve parfois, malheureusement, crédit dans notre pays. Continuer de lire « Déclaration (Hocine Aït Ahmed et Mohammed Harbi) »

A propos de l’affaire Barbie

Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 149-151.

A propos de l’affaire Barbie, ces quelques remarques…

1/ Il y a une spécificité du « crime contre l’humanité » et ce serait une erreur grave que d’assimiler tout crime, tout massacre, toute exaction à cette notion juridique nouvelle. Ce qui est mis au compte du nazisme c’est une volonté délibérée, que son idéologie légitime, de nier toute appartenance à l’humanité de certaines catégories d’êtres humains et de prétendre nettoyer la planète comme on nettoie un matelas de ses punaises et comme on aseptise un linge à l’hôpital. Continuer de lire « A propos de l’affaire Barbie »

Albert Camus : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice »

J’ai choisi de partager dans ce billet deux textes publiés à la suite de l’attribution du Prix Nobel de littérature à Albert Camus. Après un premier billet dans lequel je revenais sur trois documents datés de 1955 à 1958, il m’apparaissait important de revenir sur la célèbre citation par laquelle les commentateurs (souvent hostiles) réduisent la pensée et l’action d’Albert Camus au moment de la révolution algérienne : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice. » Continuer de lire « Albert Camus : « Je crois à la justice, mais je défendrai ma mère avant la justice » »