Ammour, Leucate et Moulin : La voie algérienne

Extrait de : Kader Ammour, Christian Leucate et Jean-Jacques Moulin, La voie algérienne. Les contradictions d’un développement national, Paris, François Maspero, 1974, p. 175-176.

voiealgérienne

Pour une alternative révolutionnaire

Face à la montée de la bourgeoisie industrielle, face à l’approfondissement de la dépendance vis-à-vis de l’impérialisme, face au durcissement des antagonismes sociaux et de l’oppression politique, face à la mystification idéologique des discours socialisants de la technocratie, il n’est pas d’autre issue historique, pour le prolétariat algérien et les masses rurales, que de se libérer de la tutelle exercée par la petite bourgeoisie bureaucratique, que de s’affirmer de manière autonome comme force sociale organisée ayant vocation dès maintenant à assurer la pleine direction politique du processus révolutionnaire. Continuer de lire « Ammour, Leucate et Moulin : La voie algérienne »

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Maxime Rodinson : Marxisme et monde musulman

Extraits de Maxime Rodinson, Marxisme et monde musulman, Paris, Le Seuil, 1972.

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Sur les arabophiles sentimentaux, p. 19-20 :

L’expérience stalinienne m’avait fait comprendre que la légitimité de la protestation d’un ensemble d’hommes exploités ou opprimés ne suffisait pas à garantir leur impeccabilité, la justesse de leurs programmes, de leurs stratégies et de leurs tactiques. Cela ne s’applique pas seulement aux prolétaires et aux couches sociales défavorisées de l’Europe. C’est tout aussi vrai des peuples du monde musulman et notamment des peuples arabes. Continuer de lire « Maxime Rodinson : Marxisme et monde musulman »

Mezioud Ouldamer : La cruauté maintenant

Extrait du livre : Mezioud Ouldamer, La cruauté maintenant, Cabris, éditions Sulliver, 2007, p. 154-156.

Divers exemples de corruption du pouvoir sont fournis, à l’échelon le plus bas, par des pays aussi différents et éloignés en apparence que peuvent l’être l’Algérie et l’Équateur. Si peu comparables qu’ils paraissent, leurs ressemblances sont réelles et révèlent les traits d’une nouvelle identité comme acquise en peu de temps. Ici comme là, dès l’abord et sans que ce soit le trait dominant, l’arbitraire – mais il faudrait dire la stupidité – n’y fait pas la loi, il est explicitement du même domaine que la foi, et reflète cette nouvelle distribution non contrôlée du pouvoir à l’échelle de la planète. La stupidité va jusqu’à la hauteur du burlesque, quand ces États se piquent de distribuer aux populations leurs terres, de les rendre propriétaires ni plus ni moins de ce qui leur appartenait déjà, qui était leur seul bien avant la naissance même de ces États. Continuer de lire « Mezioud Ouldamer : La cruauté maintenant »

Mezioud Ouldamer : L’économie et son trouble

Extrait du livre : Mezioud Ouldamer, L’économie et son trouble, Paris, éditions SIHAM, 1994, p. 24-27.

Il m’a été signalé ceci : des esprits faibles trouvent matière à me citer. Quelle horreur! Mais qu’y puis-je? Je ne peux pas répondre de l’usage fait d’écrits publics. Qui est à l’abri du pillage malveillant et tendancieux? L’Internationale situationniste a été pompidolisée à la raffinerie de Beaubourg; l’Encyclopédie des Nuisances saluée par un droitiste, elle a même bénéficié d’une mention dans un journal gouvernemental, en Algérie ; Lénine faisait ses choux gras des livres de Marx. (…) Continuer de lire « Mezioud Ouldamer : L’économie et son trouble »

Gisèle Halimi : Le lait de l’oranger

Extrait du livre : Gisèle Halimi, Le lait de l’oranger, Paris, Gallimard, 1988, pp. 190-191.

Février 1957. Je me rends à Rome pour y rencontrer le roi du Maroc, Mohammed V.

Il s’agissait de l’informer des projets de Messali Hadj, que j’étais allée voir à Belle-Ile.

Les autorités françaises avaient assigné à résidence le leader algérien dans cette île, tout en mimosas et lumière bleue. Continuer de lire « Gisèle Halimi : Le lait de l’oranger »

Edgar Morin : Itinérance

Extraits du livre : Edgar Morin, Itinérance, Entretien avec Marie-Christine Navarro, Paris, Arléa, 2000, pp. 45-50.

 

M.-C. N. : Est-ce pour cette raison que, dans les débuts de la guerre d’Algérie, en 1955, vous créez avec Antelme le comité contre la guerre d’Algérie ? Comité créé, cette fois, dans un esprit critique. J’aimerais qu’on parle de l’Algérie parce que, là encore, à cette époque, vous avez une position très originale – originale par rapport au manifeste des 121, et surtout par rapport au courant messaliste

E.M. : Il y avait dans ce comité René-Louis Desforêts, Robert Antelme, Dyonis Mascolo, moi-même, Marguerite Duras et ma femme Violette. On prend la décision de former un comité d’intellectuels contre la guerre en Afrique du Nord – parce qu’il faut préciser que tout n’était pas terminé non plus en Tunisie. Continuer de lire « Edgar Morin : Itinérance »