La période des drapeaux est terminée

Extraits d’un article de Paul Thibaud paru dans Esprit, n°145, décembre 1988, p. 19-21.

La révolte des jeunes Algériens, la répression brutale qui leur a d’abord répondu, puis les réformes ébauchées ont trouvé les intellectuels français singulièrement impréparés. Parmi d’autres réactions désolantes, la plus cocasse restera celle de Gisèle Halimi dans Libération (13 octobre) : elle ne savait pas que l’Algérie était une dictature ! elle n’en a été avertie que « très tard et très mal » par ses « amis algériens », « qui étaient au pouvoir ». Doit-on comprendre que la gauche mondaine ne s’informe que dans les cocktails ? Soyons plutôt honnêtes: tout le monde savait et tout le monde s’en fichait! Continuer de lire « La période des drapeaux est terminée »

Le conflit algéro-marocain : la guerre arrange tout, mais après?

Article paru dans Le Prolétaire, n°4, novembre 1963, p. 5.

L’éclatement du conflit algéro-marocain apporte une nouvelle confirmation à la thèse marxiste sur l’impuissance des mouvements nationaux anti-colonialistes – privés par la trahison de l’opportunisme « communiste » de l’aide du prolétariat métropolitain – à atteindre les objectifs les plus immédiats et les plus modestes. Continuer de lire « Le conflit algéro-marocain : la guerre arrange tout, mais après? »

La révolution de Monsieur Boumedienne

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n°73, septembre-octobre 1965, p. 4-7.

Monsieur Boumedienne est scandalisé. On n’a tout de même pas fait une révolution nationale pour que des étrangers viennent vous donner des leçons ! Pourquoi imaginez-vous qu’ils se sont battus, lui et ses compères militaires ? « Notre vérité, c’est l’Algérie, d’un territoire de plus de 2 millions de km2 , d’une population de 12 millions d’habitants, d’une histoire propre à elle, d’une langue arabe et d’une religion musulmane (El djeich, organe de l’Armée Nationale Populaire, n° 28, août 1965). Continuer de lire « La révolution de Monsieur Boumedienne »

Le nouveau pouvoir algérien

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n°72, juillet-août 1965, p. 1-5.

Le renversement de Ben Bella a surpris tout le monde, y compris les Algériens. Mais ce qui peut étonner davantage, c’est l’absence de riposte. Il y a eu des réactions mais pas de contre-offensive d’un parti ben belliste. C’est qu’il n’y avait pas de partisans de Ben Bella. Le pouvoir de ce dernier était fait de prestige et de népotisme. Il n’avait réussi à construire ni un État ni un parti. Continuer de lire « Le nouveau pouvoir algérien »

Les luttes politiques en Algérie

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n°42, août 1962, p. 1-3.

« C’est le peuple algérien qui a gagné la guerre »
« Révolution par et pour le peuple » ….

Au moment même où les dirigeants de la révolution algérienne se fragmentent en clans rivaux, ils se réclament à tout instant du « peuple ».

Ils ont raison, car ils sont peu de choses en face de ces paysans et de ces ouvriers qui sont bien les vrais vainqueurs de la plus cruelle guerre coloniale de l’histoire. Mais ils ont tort car ni les uns ni les autres, ils ne sont les représentants authentiques des travailleurs algériens. Continuer de lire « Les luttes politiques en Algérie »

Les luttes de classes en Algérie

Tract diffusé en Algérie à la fin de l’année 1965 et reproduit dans Internationale situationniste, n°10, mars 1966, p. 12-21.

On pourrait croire que le nouveau régime algérien s’est donné pour unique tâche de confirmer l’analyse sommaire que l’I.S. a présentée de lui, dès les jours qui suivirent son putsch inaugural, dans l’Adresse aux révolutionnaires que nous avons alors publiée à Alger. Liquider l’autogestion, c’est tout le contenu du boumediennisme, c’est sa seule activité réelle ; et elle commence à l’instant même où l’État, par le déploiement de la force militaire qui était sa seule cristallisation achevée sous Ben Bella, son seul organisme solide, a proclamé son indépendance en face de la société algérienne. Continuer de lire « Les luttes de classes en Algérie »

Adresse aux révolutionnaires d’Algérie et de tous les pays

Ce tract a été diffusé en Algérie après le coup d’État du 19 juin 1965 et reproduit dans la revue Internationale situationniste, n°10, mars 1966, p. 43-49.

« Les révolutions prolétariennes… raillent impitoyablement les hésitations, les faiblesses et les misères de leurs premières tentatives, paraissent n’abattre leur adversaire que pour lui permettre de puiser de nouvelles forces de la terre et se redresser à nouveau formidable en face d’elles, reculent constamment à nouveau devant l’immensité infinie de leurs propres buts, jusqu’à ce que soit créée enfin la situation qui rende impossible tout retour en arrière. »
Marx (Le 18 Brumaire de Louis Napoléon Bonaparte).

Continuer de lire « Adresse aux révolutionnaires d’Algérie et de tous les pays »