Edgar Morin : Itinérance

Extraits du livre : Edgar Morin, Itinérance, Entretien avec Marie-Christine Navarro, Paris, Arléa, 2000, pp. 45-50.

 

M.-C. N. : Est-ce pour cette raison que, dans les débuts de la guerre d’Algérie, en 1955, vous créez avec Antelme le comité contre la guerre d’Algérie ? Comité créé, cette fois, dans un esprit critique. J’aimerais qu’on parle de l’Algérie parce que, là encore, à cette époque, vous avez une position très originale – originale par rapport au manifeste des 121, et surtout par rapport au courant messaliste

E.M. : Il y avait dans ce comité René-Louis Desforêts, Robert Antelme, Dyonis Mascolo, moi-même, Marguerite Duras et ma femme Violette. On prend la décision de former un comité d’intellectuels contre la guerre en Afrique du Nord – parce qu’il faut préciser que tout n’était pas terminé non plus en Tunisie. Continuer de lire « Edgar Morin : Itinérance »

Georges Fontenis : L’autre communisme

Source : Georges Fontenis, L’autre communisme. Histoire subversive du mouvement libertaire,  Mauléon, Acratie, 1990, p. 208-210.

(…) dans le numéro 464 du 2 février, une lettre ouverte de Daniel Guérin adressée « aux membres du comité d’action contre la poursuite de la guerre en Afrique du Nord » est un gros pavé dans la mare : au meeting du 27 janvier, salle Wagram, est apparue la partialité de certaines organisations Continuer de lire « Georges Fontenis : L’autre communisme »

Edgar Morin : Autocritique

Source : Edgar Morin, Autocritique, Paris, Seuil (Points), 1991 (1959), p. 187-203.

En automne 1955, Antelme, Mascolo, Louis-René des Forêts et moi fondions le Comité d’action des intellectuels contre la guerre en Algérie. C’était l’époque où une lame de fond semblait vouloir se former dans le pays. Des casernes étaient assaillies. Des jeunes rappelés chahutaient. D’autres voulaient se planquer. Le parti communiste s’efforçait de canaliser le mouvement dans un sens légal pétitionnaire et il lui brisait les reins. Nous voulions nous élever contre le principe même de la guerre coloniale et pour le principe même du droit des peuples. Notre force première était d’être indépendants. De nombreux intellectuels de gauche adhérèrent au comité. Quelques communistes, déçus par la mollesse tacticienne du parti, nous rejoignirent quoiqu’on les eût mis en garde contre ce « comité d’exclus ». Continuer de lire « Edgar Morin : Autocritique »

Mémoires algériennes, mémoires messalistes. Entre occultation, stigmatisation et réhabilitation

J’ai participé au colloque organisé à la Maison méditerranéenne des sciences de l’homme d’Aix-en-Provence, les 15 et 16 novembre 2012. Il avait pour thème : « Mémoires algériennes en transmission : histoires, narrations et performances postcoloniales ».

J’ai présenté une communication ayant pour titre : « Mémoires algériennes, mémoires messalistes. Entre occultation, stigmatisation et réhabilitation ».

J’ai particulièrement traité des champs universitaire (avec le cas Benjamin Stora), intellectuel (illustré par Edgar Morin) et littéraire (avec Lakhdar Belaïd). Continuer de lire « Mémoires algériennes, mémoires messalistes. Entre occultation, stigmatisation et réhabilitation »

Appel en faveur d’un cercle international des intellectuels révolutionnaires (1956)

J’ai choisi de partager cet appel daté de novembre-décembre 1956 et paru en mai 1957 dans la revue dirigée par Maurice Nadeau, Les Lettres nouvelles. Parmi ses initiateurs, on retrouve Jean Duvignaud et Edgard Morin. Le premier était membre du bureau du Comité pour la libération de Messali Hadj et des victimes de la répression. Le second s’est insurgé contre les calomnies visant les messalistes et a eu l’occasion de revenir sur son engagement dans de nombreuses publications. Je suis revenu sur certains enjeux de ce microcosme anticolonialiste dans mon article « Face à la guerre d’Algérie : transactions anticoloniales et reconfigurations dans la gauche française ».

Le rôle propre des intellectuels dans le mouvement révolutionnaire

Des événements d’une immense importance, ceux de Hongrie au premier rang, viennent de bouleverser le monde ; ils nous mettent en face de nos responsabilités. En Pologne, en Hongrie, aux côtés des travailleurs en mouvement, les écrivains, artistes, professeurs, étudiants se sont engagés sans réserve dans le combat pour la vérité. Ils ont réussi à briser les tabous qui interdisaient, sous le couvert de la défense du communisme, toute revendication véritablement communiste. Leur contribution à la lutte révolutionnaire a été décisive. Ils ont fait la preuve à nouveau que la pensée et la parole sont une action. Continuer de lire « Appel en faveur d’un cercle international des intellectuels révolutionnaires (1956) »