Maxime Rodinson : Marxisme et monde musulman

Extraits de Maxime Rodinson, Marxisme et monde musulman, Paris, Le Seuil, 1972.

9782020021814-fr-300

Sur les arabophiles sentimentaux, p. 19-20 :

L’expérience stalinienne m’avait fait comprendre que la légitimité de la protestation d’un ensemble d’hommes exploités ou opprimés ne suffisait pas à garantir leur impeccabilité, la justesse de leurs programmes, de leurs stratégies et de leurs tactiques. Cela ne s’applique pas seulement aux prolétaires et aux couches sociales défavorisées de l’Europe. C’est tout aussi vrai des peuples du monde musulman et notamment des peuples arabes. Continuer de lire « Maxime Rodinson : Marxisme et monde musulman »

Publicités

Lettre à mes amis algériens (Juliette Minces)

Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 153-154.

Les journalistes algériens – donc l’État – sont-ils devenus à ce point amnésiques pour oser ainsi falsifier l’Histoire? Pour nous qui, au nom d’un certain nombre de valeurs que nous croyions communes, avions soutenus les Algériens durant leur lutte, leurs propos concernant le procès de Klaus Barbie sont à la fois consternants et révoltants. De même que l’expression de leur racisme antijuif digne des « meilleures » pages de Brasillach. Continuer de lire « Lettre à mes amis algériens (Juliette Minces) »

Déclaration (Hocine Aït Ahmed et Mohammed Harbi)

Texte paru dans la revue Sou’al, n°7, septembre 1987, p. 151-152.

Nous voulons simplement, à l’occasion du procès de Klaus Barbie, mettre au clair certaines vérités historiques et rappeler quelques principes pour nous, Algériens, qui avons lutté pour l’indépendance de notre pays. Me Jacques Vergès cherche, aujourd’hui, à associer des « crimes contre l’humanité » commis par Klaus Barbie aux « crimes de guerre » perpétrés par l’ex-puissance coloniale en Algérie et cet amalgame trouve parfois, malheureusement, crédit dans notre pays. Continuer de lire « Déclaration (Hocine Aït Ahmed et Mohammed Harbi) »

Une grève de la faim qui fait date

Article paru dans Nouvelle Gauche, n°21, 11 au 24 février 1957.

En poursuivant pendant 13 jours la grève de la faim pour obtenir le bénéfice du régime politique, les 40 militants du M.N.A. dont nous avons déjà parlé dans ce journal n’ont pas seulement gagné la partie en ce qui les concerne, ils ont aussi suscité un grand mouvement d’unité à la prison de Fresnes, et leur victoire profitera dans l’avenir, à tous ceux, militants algériens et français, qui tomberont sous le coup de l’article 80 (atteinte à la sûreté extérieure de l’état). Continuer de lire « Une grève de la faim qui fait date »

A propos des « Bases de la négociation en Algérie »

Article paru dans La Vérité, n°442, 25 janvier 1957.

C’est dans le cadre des Journées d’études sur l’Afrique du Nord, organisées par le Mouvement de Libération du peuple (MLP) et qui se sont tenues les 19 et 20 janvier au centre administratif et social d’Asnières, que Robert Barrat a traité d’un sujet brûlant entre tous « les bases de la négociation en Algérie ». Continuer de lire « A propos des « Bases de la négociation en Algérie » »

La période des drapeaux est terminée

Extraits d’un article de Paul Thibaud paru dans Esprit, n°145, décembre 1988, p. 19-21.

La révolte des jeunes Algériens, la répression brutale qui leur a d’abord répondu, puis les réformes ébauchées ont trouvé les intellectuels français singulièrement impréparés. Parmi d’autres réactions désolantes, la plus cocasse restera celle de Gisèle Halimi dans Libération (13 octobre) : elle ne savait pas que l’Algérie était une dictature ! elle n’en a été avertie que « très tard et très mal » par ses « amis algériens », « qui étaient au pouvoir ». Doit-on comprendre que la gauche mondaine ne s’informe que dans les cocktails ? Soyons plutôt honnêtes: tout le monde savait et tout le monde s’en fichait! Continuer de lire « La période des drapeaux est terminée »

Algérie : les effets et les causes

Extraits de la chronique de Jean-Marie Domenach parue dans Esprit, n°312, décembre 1962, p. 1039-1041.

Chaque fois que j’ai rencontré un responsable de la Résistance algérienne, je me suis trouvé en face d’une intransigeance totale, qui allait jusqu’à l’apologie inconditionnelle de la violence. Lorsque, en 1957, je rencontrai Abbane Ramdane, à Tunis, le simplisme brutal de ses propos m’épouvanta ; prenant une brochure sur la table (curieusement, c’était la Revue de défense nationale !), il s’écria : « l’Algérie, c’est très simple, c’est comme ce livre : vous me l’avez pris, rendez-le moi ! », et il m’exprima sa volonté de conduire l’action terroriste jusqu’à la victoire totale. On dira qu’il s’agissait d’un exalté (d’ailleurs généreux d’après ceux qui le connurent). Continuer de lire « Algérie : les effets et les causes »