La période des drapeaux est terminée

Extraits d’un article de Paul Thibaud paru dans Esprit, n°145, décembre 1988, p. 19-21.

La révolte des jeunes Algériens, la répression brutale qui leur a d’abord répondu, puis les réformes ébauchées ont trouvé les intellectuels français singulièrement impréparés. Parmi d’autres réactions désolantes, la plus cocasse restera celle de Gisèle Halimi dans Libération (13 octobre) : elle ne savait pas que l’Algérie était une dictature ! elle n’en a été avertie que « très tard et très mal » par ses « amis algériens », « qui étaient au pouvoir ». Doit-on comprendre que la gauche mondaine ne s’informe que dans les cocktails ? Soyons plutôt honnêtes: tout le monde savait et tout le monde s’en fichait! Continuer de lire « La période des drapeaux est terminée »

Algérie : les effets et les causes

Extraits de la chronique de Jean-Marie Domenach parue dans Esprit, n°312, décembre 1962, p. 1039-1041.

Chaque fois que j’ai rencontré un responsable de la Résistance algérienne, je me suis trouvé en face d’une intransigeance totale, qui allait jusqu’à l’apologie inconditionnelle de la violence. Lorsque, en 1957, je rencontrai Abbane Ramdane, à Tunis, le simplisme brutal de ses propos m’épouvanta ; prenant une brochure sur la table (curieusement, c’était la Revue de défense nationale !), il s’écria : « l’Algérie, c’est très simple, c’est comme ce livre : vous me l’avez pris, rendez-le moi ! », et il m’exprima sa volonté de conduire l’action terroriste jusqu’à la victoire totale. On dira qu’il s’agissait d’un exalté (d’ailleurs généreux d’après ceux qui le connurent). Continuer de lire « Algérie : les effets et les causes »

Voici un an disparaissait notre camarade Mohamed Saïl militant exemplaire

Article paru dans Le Libertaire,  n°390, 20 mai 1954.

A quelques semaines avant sa mort, il collait encore le « LIB » à Aulnay. Nous lui disions de se reposer, nous le sentions faible. Il n’y avait rien à faire. Il voulait militer, il voulait se battre jusqu’au bout. Continuer de lire « Voici un an disparaissait notre camarade Mohamed Saïl militant exemplaire »

Notre vieux camarade Saïl Mohamed est mort

Article paru dans Le Libertaire, n°358, 30 avril 1953.

Venu dès sa jeunesse aux idées libertaires, Saïl Mohamed fut toujours un militant exemplaire. Agitateur, propagandiste, militant fraternel, il s’était fait une règle d’intransigeance, repoussant tout geste qui eût pu avoir un caractère mercantile, méprisant ses intérêts personnels. Continuer de lire « Notre vieux camarade Saïl Mohamed est mort »

Les futurs de la révolution : Fragments sur les radicalités algériennes

Ma dernière contribution intitulée « Les futurs de la révolution : Fragments sur les radicalités algériennes » (lien) a été publié dans l’édition du 28 octobre 2016 d’El Watan weekend. En voici les premières lignes :

« La Révolution anticoloniale constitue une source intarissable de réflexions qui, bien souvent, font écho à des enjeux très actuels qui dépassent les frontières nationales. Continuer de lire « Les futurs de la révolution : Fragments sur les radicalités algériennes »

Les luttes politiques en Algérie

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n°42, août 1962, p. 1-3.

« C’est le peuple algérien qui a gagné la guerre »
« Révolution par et pour le peuple » ….

Au moment même où les dirigeants de la révolution algérienne se fragmentent en clans rivaux, ils se réclament à tout instant du « peuple ».

Ils ont raison, car ils sont peu de choses en face de ces paysans et de ces ouvriers qui sont bien les vrais vainqueurs de la plus cruelle guerre coloniale de l’histoire. Mais ils ont tort car ni les uns ni les autres, ils ne sont les représentants authentiques des travailleurs algériens. Continuer de lire « Les luttes politiques en Algérie »

L’Algérie, défaite ouvrière

Article paru dans Pouvoir ouvrier, n°10, septembre 1959, p. 1-3.

Les travailleurs sont pour la paix en Algérie, mais ils ne sont pas pour les Algériens. Ils ne font rien pour les aider dans leur lutte à l’échelle politique. Ils ne manifestent pas leur solidarité. Même sur le plan personnel, dans leurs rapports de travail avec les ouvriers algériens, ils témoignent d’une certaine méfiance : ils disent que ce sont des types qui ne savent pas travailler, ou bien qui ne veulent pas travailler, ou bien qui ne cherchent pas à se mêler à eux. Continuer de lire « L’Algérie, défaite ouvrière »